Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

J'ai poussé le vitrail

J'ai poussé le vitrail

 

J'ai regardé le ciel que l'étoile a tissé;

Le chariot divin, de son souffle immobile,

Buvait l'or des minuits, et le Christ a passé

Entre la terre et l'homme, et le Christ était l'île

Où s'amarre le ciel que l'étoile a tissé.

 

Gardienne du trésor, j'ai poussé le vitrail;

Entre la rose et l'olivier, j'ai fait le signe

De la croix; le silence enroula son corail

A mes mains, et debout, sous ma robe de cygne,

Gardienne du trésor, j'ai poussé le vitrail.

 

O nuit de Bethléem dont le souffle descend,

Pour s'étager en nappe d'or; ô blonde hostie,

Communion pascale où la myrrhe et l'encens

Soulignent la clarté dont l'âme est investie,

O nuit de Bethléem et musique du sang.

 

Face à l'éternité, létoile, et quel cri bleu.

L'Espérance a remis sa couronne d'épines;

Suis-je en état de grâce, ayant vu passer Dieu,

Ou dois-je remonter sur les mêmes collines

Face à l'éternité d'où monte ce cri bleu?

 

Le credo sur la montagne, 1934.



06/10/2012
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