Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Vision

Vision

 

Dans le spectre solaire et la nuit sidérale

J'ai vu la translation, toute en spirale,

De l'univers, où tous, lancés comme un bolide,

Abandonnant ton manteau d'or, ô chrysalide,

Laissons traîner notre aile en forme de pétale.

 

Inconsciemment, seule, ayant touché l'antenne

Où l'Idéal s'appuie, où mes pleurs sont à peine

Perceptibles, j'ai pris les récepteurs d'écoute,

Et mes ailes en croix, j'ai franchi l'autre voûte,

Pour que la vérité m'insufflât son haleine.

 

Me voici revenue au point où ma jeunesse 

Etait partie. On m'a jeté l'or et la graisse

Du festin. A genoux, fouillant dans la vidange,

J'ai retrouvé ton coeur sous sa vêture d'ange,

Humanité. C'est le seul lot que Dieu me laisse.

 

Et quant à toi, ma vie, éperonne la lune

Ou chevauche le temps, ta plus riche infortune

Est d'avoir su garder l'amour sous tes semelles,

Et d'avoir allaité l'espoir à tes mamelles

En demeurant debout au sommet de la dune.

 

Le credo sur la montagne, 1934.



27/11/2012
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