Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Bois l'ombre à pleine gorge

Bois l'ombre à pleine gorge

 

Ni chien, ni Dieu. Mais en vérité

Ce ciel est-il donc à ce point rapace,

Quand mon coeur cingle vers la clarté,

Ayant à bâbord l'oubli qui dépasse.

 

Bois l'ombre à pleine gorge et va-t-en.

Double le soir; la mer est trop étroite

Quand des pleurs vont vous soulevant

Au hasard du vide et du flot qui boîte.

 

Vent, y es-tu! Nous n'aborderons

Qu'après avoir fui vers la croix de sable.

Les soleils qui sifflent balaieront

Cette odeur d'absence indéfinissable.

 

Vraiment, sens-tu bondir sous ta main

Ce grand souvenir que fut ta jeunesse?

Comme il creuse l'eau pour que demain

Soit semblable à ces pleurs qu'on caresse.

 

La croix de sable, 1927.



06/12/2012
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