Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

L'arbre, le brin d'herbe et lhomme...

L'arbre, le brin d'herbe et l'homme...

 

L'arbre, le brin d'herbe et l'homme, êtes-vous là, dites?

J'ai besoin de serrer la terre contre moi,

               Je me sens si petite,

                     J'ai si froid.

 

Voulez-vous dire aux oiseaux de chanter à peine?

Je reconnaîtrai ceux qui n'y sont plus. c'est tout,

                Dans leur note lointaine,

                     Dieu, au bout,

 

Comme si l'éternité n'en pouvait plus. Dites,

L'arbre, le brin d'herbe et l'homme, répondez-moi,

                Je me sens si petite,

                      J'ai si froid.

 

Se peut-il que le ciel, avec lequel je joue,

S'échappe de mes mains, pour venir se briser

               En larmes, sur ma joue?

                      Chaud baiser

 

Que rien n'effacera, ni les soleils, ni l'homme,

Pas même l'espérance. Oser tendre les bras,

                Etant ce que nous sommes

                      N'est-ce pas?

 

Si les petits oiseaux de Saint-François -d'Assises

Pouvaient nous apercevoir, serions-nous plus purs?

                Ces fleurs qui sont assises

                      Sur ce mur,

 

Doivent me regarder, je me sens si petite.

M'avez-vous reconnue? Est-ce là votre enfant?

                C'est bien le même, dites?

                       Etouffant

 

Ses larmes sous ses poings, buttant contre une rose,

Et du geste infini qu'ont les bêtes, buvant

                A la source des choses,

                       Dans le vent.

 

La croix de sable, 1927.



08/12/2012
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