Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Le cercle se referme

Le cercle se referme

 

L'échafaudage a donc gardé son équilibre.

Ah! m'être ainsi penchée au-dessus du bonheur

Sans autre appui que l'ombre et ton souffle berceur,

Solitude, vivant comme une plante libre.

 

Va, ce ciel qui fut nôtre a gardé quelques marches,

Nos jardins suspendus s'inclinent sous mes doigts;

J'ai retrouvé nos vieux soleils près d'une croix,

La colombe et l'absence ont regagné leur arche.

 

Je vis, le front mouillé d'embruns et de silence,

Là-haut, contre un rocher d'étoile. Le vent bleu,

L'algue-nuage et moi avançons peu à peu

Vers un point immobile où la lumière pense.

 

Le cercle se referme et revoici la halte.

Le jour unifié n'est qu'un embrasement

Fait de clarté-fantôme et qui court, aimantant

Les pures régions que la mémoire exalte.

 

La croix de sable, 1927.



04/12/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour