Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Le ciel marche contre le vent

Le ciel marche contre le vent

 

Le ciel marche contre le vent

Parmi les soubresauts du sable,

Du sable vierge au dos mouvant,

A l'allure indéfinissable.

 

Tu n'atteindras que ce point blanc

Fait de lumière voyageuse,

Ta force attelée au néant,

Face au mirage qui se creuse.

 

Mets tes deux ailes en faisceau,

Plante ta croix comme une pioche

Dans l'humus qui fut ton berceau;

Le cri du large se rapproche,

 

Et voici capaçonnés,

De la lumière jusqu'au ventre,

Jusqu'à lencolure chargés,

Ployant sous les trésors qu'ils rentrent,

 

Tes souvenirs et leurs rançons.

Contemple, dans sa plénitude,

Cette clarté que nous laissons,

Après la halte où tout s'élude.

 

Va, il n'est pire volupté

Que la seconde sans mélange

Où ce ciel qu'on a recréé

N'est plus qu'une ombre à face d'ange.

 

 

La croix de sable, 1927.



07/12/2012
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