Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Oudjda

Oudjda

 

Fille à vingt sous aux mamelles qui bougent

Et qui porte, accrochée à ses guenilles rouges,

                  La lèpre du désert,

Halte des trépassés, grand squelette aux yeux verts,

Mêlant son rire énorme au silence des bouges.

 

             Saisissant Dieu par la racine

Et lui crachant au coeur, savourant sans mélange,

       Le plaisir dérobé à l'absinthe divine,

Oudjda a maintenu sous sa carrure d'ange

              Tout un peuple en famine.

 

Et dans la pâmoison des ventres et des croupes,

Dans l'odeur de chien mort que le pavé soulève,

Le soir, avec lenteur, amarre ses chaloupes

            Aux sept portes du rêve.

 

Les Versets du Soleil, 1921.



10/10/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour