Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Ta majesté, o sang

Ta majesté, o sang

 

Sang qui coule sous ma tempe avec la majesté

                     D'un fleuve,

Et d'aval en amont, tel un dieu qui s'abreuve,

Fais déborder le temps sur ta rive, éternité;

 

Quel souffle, venu du large, embaume ton errance,

                     Roi du soir,

Magicien sacré qui ne saurais surseoir

A ta tâche: revivifier ce coeur qui danse?

 

Que de détresses l'ont soulevé; battu des vents,

                     Que de naufrages;

En revanche, quel horizon dans les cordages,

Quel cri dans les agrès, quelle clameur, ô printemps!

 

Au mécanisme ailé qui te gouverne s'ajoute

                     Le chant primordial

De la terre et des eaux. Dans leur sang virginal

Naissaient: roses globules, soleils livrant leur joute.

 

A chaque battement de la lumière, le front

             De l'homme, comme un monde,

Resplendissait. Pont-levis jeté sur ton onde,

Beauté, l'âme insufflait son rêve aux cieux qui naîtront.

 

Et chaque jour, à l'heure où Dieu s'agrippe à tes voiles,

             Ciel, j'entends ton alphabet:

L'Ange, jetant des lys du haut de ses palais,

Baigne son aile dans tes vaisseaux, sang qui t'étoiles.

 

Le credo sur la montagne, 1934.



26/09/2012
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