Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Attablée au bar de l'espace

Attablée au bar de l'espace

 

Genre soleil, celui qui passe,

Et cet autre en vareuse étoile?

Attablée au bar de l'espace,

Cherchant Dieu sur de vieilles toiles,

Je songe en secouant ma face.

 

Et c'est l'appel désespéré

Dans les cellules sans sommeil.

Mais qui diable ai-je donc pleuré

Au fond du bouge sans pareil

Sentant l'algue et l'éternité?

 

O cerveau qui bats en sourdine

Instrument mis à ma portée

Pour la détresse dont je dîne

A ciel ouvert, l'âme emportée

Vers les sphères que je dessine.

 

Ris tout ton saoûl, marin, j'ai froid.

L'alcool n'est qu'un prétexte au fond

Pour toucher du tout petit doigt

L'immensité, le seul plafond

Pouvant me contenir je crois.

 

Le credo sur la montagne, 1934.



28/11/2012
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