Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Décembre

Décembre

 

L'hiver à gros flocons a neigé sur nos âmes;

Plus d'un rêve a passé dans l'or frileux des jours;

Décembre a ranimé d'imperceptibles flammes:

Il a neigé ce soir sur nos longues amours...

 

J'ai peur. Ne me dis rien. Laissons passer l'orage;

Ce que nous éprouvons se peut-il définir?

Quel crime a donc commis notre amoureux servage,

Qu'au lointain de nos coeurs s'embrume l'avenir?

 

Un peu de vérité nous eût fait l'âme grande,

Mais l'impossible amour nous dévora le coeur.

La vie a tout sarclé, même la plate-bande

Où nous aimions cueillir quelque idéale fleur.

 

Alors, très lentement, l'ange des solitudes

Fit planer sur nos fronts ses larges ailes d'or,

Car nous avions gardé les chères habitudes

De rêver au passé, de nous sourire encor.

 

Elégies

dans "Le Jardin des Dieux, 1908.



01/11/2012
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