Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Les colombes

Les colombes

 

Ma maison sera blanche et blanches mes colombes.

Le jet d'eau redira l'éternelle syllabe;

On entendra le vent comme sur une tombe;

    Ce sera tout. Mon coeur et le jasmin arabe

 

Frémiront dans la nuit, et je ne saurai rien,

Pas même si l'absence a soulevé la porte,

Si la voix qui n'est plus m'appelle, si mon chien

         Pleure et si ma mère est morte.

 

            Rien, je n'entendrai rien

Qu'un roucoulement triste et grand comme la terre.

Enchaînée à ce sol, rivée à ma prière,

J'étoufferai mes pleurs et le soir sera mien,

 

Mien comme ces baisers qu'on garde et qu'on verrouille,

                  Qui palpitent encore

              En traînant leur dépouille,

Et dont les battements sont le soleil des morts.

 

Les Versets du Soleil, 1921.



12/10/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour