Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Les continents berceurs

Les continents berceurs

 

Les continents berceurs nous offrent sans retour

Leur bleu sempiternel et leur sable insipide;

Serions-nous donc plus grands que cet immense amour

Que les dieux ont semé dans l'espace limpide.

 

Je n'interrogerai ni le soir qui m'étreint,

Ni l'aube fraternelle où s'accoudait ma vie;

Etendue à mourir, l'absence sous mes reins,

Je suis l'ange affamé que plus rien ne relie.

 

Ma condamnation me vient d'un univers

Dont je n'ai pas subi l'étroite discipline;

Mon esprit aimanté vogue au-delà des mers,

L'infini sans boussole étoile ma poitrine.

 

Quand j'aurai dépassé la musique des nuits

Et compris à jamais l'énorme symphonie

Qui déborde du temps, je servirai d'appui

Aux bêtes et aux dieux qui m'ont versé leur vie.

 

Et dans ma plénitude au parfum boréal,

Moi, vaisseau démâté que la splendeur isole,

J'étreindrai du regard ton océan pascal

Vérité, large ouverte ainsi qu'une corolle.

 

Le credo sur la montagne, 1934.



29/11/2012
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