Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Quand, tendue à mourir

Quand, tendue à mourir

 

Quand, tendue à mourir, ma mâchoire pleure,

Approche-toi, femme à l'affût et remets

Ta main sur ma peine. Au fond, les sans-demeure

Ca se redonne tout de suite, à jamais.

 

Ne m'interroge pas. Mange. La femelle

Est triste. Pas plus qu'hier ni qu'aujourd'hui:

Intensément. Le jour colle à ma semelle;

Et toi, mon enfant, rien de neuf au réduit?

 

Pauvre tignasse en mal d'amour, dure tête

Qui plonge du regard, le ventre en avant,

Dans la multitude. Eh bien, leur alouette,

Dans le filet?...

                       

                        Ma table, un pain, et le vent.


 

Le credo sur la montagne, 1934.



28/11/2012
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