Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Soir, seras-tu assez vaste?

Soir, seras-tu assez vaste?

 

Cynique, à force d'être chaste,

L''être affamé, jeunesse au vent,

Hé, invective, droit devant

Lui. Soir, seras-tu assez vaste

 

Pour contenir l'ivrogne-dieu

Dont les jurons et la bedaine

Tanguent, grincent dans la nuit pleine:

Vieux char dont la lune est l'essieu.

 

L'air est si neuf. Et j'imagine

Qu'au cabaret des sept couleurs

Le prisme, où roule sa douleur,

Lui tendra la perche en sourdine.

 

De visions en visions

Le ruisseau, où saigne sa joie,

S'élargit, s'incurve et déploie

Votre aile, ô constellations.

 

Le credo sur la montagne, 1934.



29/11/2012
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