Jeanne Dortzal

Jeanne Dortzal

Un café maure

Un café maure

 

Clef d'or qu'un dieu jeta dans les décombres

           Et qui m'ouvrit le soir.

Revoici les coussins, la lampe, le miroir,

Et le divan frileux que le silence encombre.

 

Savoure avec lenteur le breuvage parfait.

Nos corps drapés de myrrhe ont la splendeur de l'ombre;

Le chant du muezzin, dont le bleu s'étouffait,

           Monte comme un jet d'eau:

 

Laisse ouverte la porte et que sa voix chancelle

               Comme un berceau.

                    Je suis celle

Qui pleure et qui renaît, car semblable au vaisseau

Que l'infini balance, ayant croisé mes ailes,

 

Je tangue vers l'oubli. Que ces murs qui m'étreignent

Devienent l'oasis, que ce breuvage noir

             Sur le mensonge règne,

Puisque nous voilà seuls dans le soleil du soir.

 

Blidah.

 

Les Versets du Soleil, 1921



05/10/2012
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